mercredi 29 avril 2015

Vivre c'est voir

L'essentiel ne pourra jamais s'acheter.
Ces petits cadeaux de la vie, bien souvent nous passons à côté sans les voir. Plus nos porte-monnaies se remplissent, plus nos yeux s'opacifient. Alors que toute la richesse du monde est là devant nous, depuis toujours.
Voyez.
Une plume qui danse sur l'air.
Une fleur de cerisier qui vient fêter votre passage.
Un moineau qui s'approche et met sa vie entre vos mains.
Un troupeau de petits moutons blancs dans le pré du ciel.
Un coquelicot qui perce le goudron de ses fleurs de papier.
Un merle célébrant le lever du jour.
Une abeille faisant halte sur votre épaule pour se démaquiller.
Un souffle d'air qui vient chambouler la nappe du quotidien.
Un sourire inutile mais salvateur.
Une musique qui se souvient du paradis.
Un trait sur une feuille blanche.
Une gorgée de tisane au miel.
Une poignée de main sincère.
Un brin d'herbe qui escalade un mur.
Le parfum des freesias dans la cuisine.
La première étoile dans la nuit.
Quelques pas dans l'eau fraîche d'un ruisseau.
Un ciel barbouillé par le feu du soleil.
Un regard aimant.

A vous maintenant...



dimanche 26 avril 2015

Art journal du 6/03/2015

De l'importance de parler...
C'est bien ce qui m'a toujours posé problème dans la vie!


samedi 11 avril 2015

Printemps jaune

Mes fleurs préférées sont les jonquilles. Pour moi c'est la couleur du printemps!






mercredi 8 avril 2015

Linogravure #3

"Autoportrait à l'étoile"
Première linogravure à plaque perdue, en deux couleurs.
Tiré à 6 exemplaires.




Il y a quelques petites retouches à faire, mais j'aime bien l'aspect imparfait de la linogravure.

lundi 6 avril 2015

dimanche 5 avril 2015

Les sentinelles du rêve

Une grande nouvelle!
J'ai participé à un projet de livre choral, sur une idée de Frédéric Clémentz du blog "Auto-édition: Faites décoller vos rêves"
Il a demandé à des auteurs pourquoi ils écrivaient. Le résultat est un superbe livre qui regroupe 107 témoignages.

Vous y retrouverez donc ma vision de l'écriture, dans un texte que j'avais déjà publié sur mon blog il y a quelques temps (ici)

Ce livre est disponible gratuitement en version numérique, pour le télécharger il vous suffit d'aller sur Amazon par ici.
Si vous n'avez pas de liseuse, pas de souci, Amazon vous propose une appli Kindle gratuite pour lire sur votre PC ou votre tablette. Alors pas d'excuse!
Mais sachez aussi que la version papier suivra bientôt (personnellement je l'attends avec impatience!). C'est tellement bien d'avoir un livre entre les mains.

Vous découvrirez le talent d'auteurs très variés qui vous feront partager leur besoin d'écrire.
N'hésitez pas, et dites moi ce que vous en pensez!

vendredi 3 avril 2015

Ce que j'aime chez Christian Bobin

"L'enfance continuée longtemps après l'enfance: c'est ce que vivent les amoureux, les écrivains et les funambules." (C. Bobin, Autoportrait au radiateur)


Je l'ai découvert un soir, "par hasard", dans une émission littéraire. La reconnaissance fut immédiate. J'écoutais cet homme parler de la vie, de Dieu, et des brins d'herbe. Surtout des brins d'herbe. Son amour du minuscule, de la fragile et toute puissante pâquerette, de l'être humain dans ce qu'il a de plus secret, m'a totalement captivée. Je me suis dit: "Mais qui est ce type qui pense comme moi?!". C'était la première fois qu'un auteur mettait des mots sur mes sentiments les plus intimes.

Pour parler de lui, je dois parler de moi. Avant Bobin, je ne lisais pas. Ou si peu. J'aimais les livres, les beaux livres, mais la lecture demandait une attention si grande à l'enfant que j'étais, trop occupée à jouer dehors, à observer les papillons, à respirer l'air ou à compter les nuages. J'aimais déjà écrire à l'école primaire, mais lire supposait de suspendre un moment mes rêveries, et je n'en avais aucune envie!

Plus tard, au lycée, à la fac, les livres étaient imposés. Voilà qui était pire que tout pour mon esprit rebelle! Je rechignais, me bornais à contourner les ordres, je survolais, ou même je ne lisais pas du tout. De ces années là, je n'ai aucun souvenir des livres que l'on m'a demandé de lire. Des devoirs vite faits, vite oubliés.

Ce n'est que plus tard, bien plus tard, que j'ai remis le nez dans les livres. Avec plaisir, mais toujours au prix d'un effort extraordinaire. Il me faut maintenir mon esprit assis sur sa chaise d'enfant, quand celui ci a plutôt l'habitude de vagabonder librement. Dans ma tête, les mondes s'entremêlent, sans limite, sans aucune frontière. Quand je rêve, c'est en cinémascope... Même Spielberg serait jaloux de mes films de silence!

J'ai tellement l'habitude d'aller piocher dans mon crâne tout ce que je désire que je n'ai pas ce besoin, ce réflexe de me plonger dans un livre.
Et puis un jour, j'ai entendu Bobin. Nous y voilà. Ces mots étaient si étranges et pourtant si familiers! J'ai été happée par son univers qui semblait se superposer au mien. En deux mois environ, j'ai lu tout ses livres. Et il y en a beaucoup!! Plus je lisais, plus j'étais fascinée par la justesse de ses mots. J'étais chez moi. Je découvrais enfin quelqu'un qui savait regarder le monde, et qui l'exprimait merveilleusement bien. Révélation.

Il y a chez Christian Bobin une innocence enfantine, toujours contrebalancée par une lucidité bien adulte. Il poursuit une vérité que nous avons tous perdu, la vérité du berceau, ce temps où nous pouvions tout voir et tout savoir, où nous ressentions la vie de la façon la plus directe. Je pense que c'est cela, sa soif de pureté, qui me bouleverse. Faire vivre en toutes occasions son regard d'enfant, insatiable, avide, émerveillé. Voilà.

C'est ce regard là qui m'a rendue à la vie. Au fond de moi, une enfant insouciante s'est réveillée, lave d'un volcan à peine assoupi. Elle a toujours été là, mais se sentait un peu seule, entourée d'âmes adultes, de corps aveugles. Avec Bobin, elle a enfin pu rire, courir dans la neige, et rêver d'un monde où rien ne pourrait la heurter. Elle a repris sa place dans mon cœur, et n'a désormais plus honte de s'émerveiller d'un brin d'herbe sur un trottoir, ou du vol d'un corbeau.
Je me croyais bête de rêver de pureté. Christian Bobin m'a prouvé le contraire. Ses phrases résonnent en moi comme un rire d'enfant. C'est cela. Si je devais définir Christian Bobin, ce serait l'éclat de rire d'un éternel gamin.

(Photo Bruno Levy)


Citations ici

Si vous êtes curieux et que vous avez dix minutes à perdre à gagner, voici l'émission où j'ai "rencontré" Bobin:



Jeudi dernier, Christian Bobin était l'un des invités de François Busnel.Si vous avez manqué son passage dans La Grande Librairie, voici un extrait de son interview.
Posted by La Grande Librairie on lundi 17 février 2014
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